SOCIALISTES & EUROPÉENS

Confianement : visioconférence n°1

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1. présentation de Matthieu Hornung et du du Comité européen des régions

Matthieu Hornung est administrateur du groupe socialiste. Il est Berlinois d’origine, franco-allemand et a fait ses études à Strasbourg, à Prague et à Varsovie. Il est marié à une Polonaise et se situe au cœur d’un réseau d’amitiés franco-allemandes-polonaises.
Le Comité européen des régions est la représentation institutionnelle des régions au niveau européen avec 329 membres dont 100 sont socialistes et une dizaine écologistes depuis janvier 2020. C’est le parlement européen des collectivités territoriales.

2. ressenti / COVID 19

L’expression de Jacques Delors a été clair : https://www.lefigaro.fr/politique/le-manque-de-solidarite-est-un-danger-mortel-pour-l-europe-selon-jacques-delors-20200328

La position des néerlandais et allemands en ce concerne la mise en place des euro bonds (ou corona bonds) était encore inflexible au début de la crise. Il y a des signes comme quoi cela ne va pas durer. Mark Rutte, premier ministre néerlandais, est le principal opposant à ce mécanisme de mutualisation de la dette que les pays du sud de l’Europe considèrent comme le meilleur remontant possible pour soigner la récession économique qui s’annonce. Mais des initiatives entre Etats membres pour la prise en charge des patients et l’envoi de matériel, mêmes si elles sont apparues progressivement, se mettent en place et se développe. Le chef du gouvernement portugais, Antonio Costa, a fustigé la « mesquinerie récurrente » de Mark Rutte et Lodewijk Asscher, chef du Parti travailliste néerlandais, a déclaré : « un pays gâche les efforts pour s’attaquer ensemble à la crise : les Pays-Bas. »

Il n’y a pas de comparaison possible avec la crise économique passée car nous n’étions pas dans la même situation et il n’y a pas de pas de culpabilité à déterminer. Cette crise n’est pas « self made. » C’est une crise symétrique pour tous Etats membres de l’UE. L’Allemagne est « prête à faire jouer la solidarité européenne », mais refuse toujours toute mutualisation des dettes pour faire face à la pandémie du coronavirus dans la zone euro. Sous la pression du ministre des Finances allemand issu des rangs du SPD Olaf Scholz (pourtant pas eurooptimiste), le gouvernement allemand se dit prêt à une solidarité bien pensée. Le plus grand syndicat allemand qui est aussi le plus grand syndicat européen, IG Metall estime que la défense de la santé et des droits des travailleurs passe par des politiques actives au niveau de l’UE.

Cette semaine, le Groupe S&D a lancé un plan d’action à l’échelle de l’UE intitulé « Lutter contre la pandémie, s’attaquer à ses conséquences et se préparer à un avenir meilleur ». Les citoyens attendent de l’UE qu’elle réponde à la crise du coronavirus par des réponses urgentes, fortes et coordonnées

Appel des philosophes Roberto Castaldi et Daniel Innerarity pour une réponse européenne face à menace du Coronavirus pour prouver que l’UE est une véritable communauté avec un avenir partagé

Mais le cadre financier général a toutes les chances d’être revu. Les Etats membres de l’UE ont tiré les leçons de la crise de la zone de 2010-2015 et vont éviter de réagir trop peu et trop tard. Charles Michel, premier ministre belge et président du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement, affirme désormais que cette crise va obliger à changer les paradigmes économiques et sociaux. C’était le même qui proposait de couper le programme social et santé belge de 30% il y a quelques mois encore. Des propositions nouvelles comme celle d’un mécanisme de réassurance chômage profitent de la crise. Le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux membre du Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (LSAP) Nicolas Schmit est chargé de renforcer la dimension sociale de l’Europe et ce sujet est actuellement à à l’ordre du jour de la commission européenne. Les derniers développements laissent à penser que la Commission a quand même pris la mesure de la crise et que ce test de résistance était aussi un test d’existence pour l’UE. Enfin, de son côté, Klaus Regling, directeur général du mécanisme européen de stabilité, a évoqué sa disponibilité à mettre en place le mécanisme qui porterait les euro bonds.

Lancement d’un nouvel instrument temporaire de solidarité, conçu pour soutenir les travailleurs et éviter un chômage de masse en raison de l’épidémie de COVID-19

Les institutions sont conscientes qu’il y a nécessité d’agir car il existe une bataille de propagande avec une politique de désinformation chinoise, un bilan de la pandémie qui remet en cause le côté opérationnel de l’aide chinoise et russe en Italie. On va pouvoir remonter la pente.

Sur les enjeux de politique intérieure italienne, Matteo Salvini ne peut plus invoquer la crise migratoire mais face à cette nouvelle crise, il cherche à faire de l’Europe un nouveau bouc émissaire. C’est bel et bien une une crise existentielle de l’UE mais la mesure du défi a été prise à Bruxelles. Il n’y a rien de comparable aux crises précédentes. En plus de ce qu’il se passe en bilatéral entre Etats membres, l’UE n’est pas restée sans réponse, de mesures sont prises et vont être prises :
– 750 milliards d’euros de la Banque centrale européenne pour racheter de la dette des pays européens,
– plus grande souplesse du Pacte de stabilité et des aides des Etats,
– simplification d’accès et élargissement des possibilités d’intervention des fonds structurels européens,
– perspective de création d’un instrument de dette commun émis par une institution européenne pour lever des fonds sur le marché (corona bonds),
– perspective de réassurance chômage.

Face au Coronavirus, agir et être solidaire n’est pas une faculté, c’est une obligation. Dixit le traité

Tribune d’Elie Cohen : l’Europe, un coupable idéal

3. échanges

Est-ce qu’il va y avoir des assouplissements dans les règles que les Régions doivent respecter pour aider les entreprises ?

L’Europe propose de revoir les règles d’éligibilité aux fonds structurels afin que ces derniers et plus particulièrement le FEDER et le FSE puissent prendre en compte les dépenses occasionnées par la lutte contre le coronavirus. (Par exemple, des dépenses de soins, d’achat d’équipements sanitaires, d’achat d’équipements de protection, d’achat de respirateurs…) La Commission propose également que les fonds structurels puissent prendre en compte les aides aux entreprises, aux régimes nationaux de chômage partiel… Marc Lemaître, Directeur général de la direction générale de la politique régionale et urbaine (DG REGIO), indique « l’argent doit bien venir de quelque part, eh bien, il pourra venir de là ». L’Europe propose enfin de modifier d’une part les règlementations extrêmement strictes qui s’appliquent aux reprogrammations, « nous voulons faciliter les virements inter-fonds ou entre les priorités d’un même fonds » dit encore Marc Lemaître. Il s’agit de trouver de l’argent et de pouvoir l’utiliser là où il est nécessaire et ce sans être freiné par les tracasseries règlementaires et administratives. Même chose pour le fonds de solidarité pour lequel la commission propose une modification du règlement qui permette de solliciter le fonds dans le cas d’une « urgence de santé publique majeure ». Ce programme est inscrit à l’ordre du jour de la Commission le 8 avril et ça devrait aller dans le bon sens

Dans la perspective de sortie de la crise pour l’UE se pose la question de nouvelles priorités. Si comme les élections européennes l’ont montré, il y a eu un temps pour le populisme en Europe, il faut désormais convoquer un temps pour l’action.

En matière de populisme, nous ne sommes pas épargnés. Ce que fait Viktor Orbán en ne limitant pas dans le temps les mesures d’exception est intolérable. La gouvernement national-populiste issu du parti Droit et justice (PiS en polonais) refuse de reporter le scrutin du 10 mai prochain alors que les candidats sont dans l’impossibilité de mener campagne et valide une loi, dans lesquelles l’opposition voit un danger pour l’État de droit, autorisant à sanctionner les juges opposés aux réformes judiciaires. L’ancien premier ministre polonais Donald Tusk, aujourd’hui chef du Parti populaire européen (PPE) a déclaré dans une interview que « seul un fou ou un criminel » pourrait proposer aux gens d’aller voter dans cette période. De nouveaux appels au sein même du PPE se sont faits entendre pour l’exclusion de Viktor Orbán. Une exclusion qui n’a pas eu lieu du fait de l’opposition française des membres du parti Les Républicains et des Italiens de Forza Italia. Par contre, le collège des commissaires devait échanger aujourd’hui même sur la possibilité d’aller devant la cour de justice pour introduire une demande en référé de suspension de la loi hongroise. En Hongrie, nous sommes dans un problème systémique. Orban qui était contesté aux élections municipales, essaie de se refaire la cerise sur le dos de la crise. Moment de vérité avec la Hongrie qui peut se jouer dans la négociation du prochain cadre financier avec plus de conditionnalité pour l’octroi de fonds structurels.

Pétition : pas de quarantaine pour la démocratie

Cette crise ne connaît pas de classes sociales mais les exacerbe et son terreau est l’insuffisance de services publics. Ce constat doit nous permettre de revenir à nos fondamentaux idéologiques. L’exemple portugais est très démonstratif ce qui fait qu’António Costa est de fait le leader socialiste européen. C’est lui qui donne la réplique à la droite européenne. C’est en plus un modèle et un repère en terme d’éthique : ce week-end son gouvernement a décidé de régulariser temporairement les étrangers ayant fait une demande de régularisation sur son sol, afin de les protéger de l’épidémie de Covid-19.

Quelle est la cohérence du groupe parlementaire européen Renew Europ qui rassemble à la fois le parti de Mark Rutte, premier ministre néerlandais, et le parti En Marche d’Emmanuel Macron ?

C’est vrai que MM. Rutte et Macron sont opposés sur les corona bonds. Au sein de Renew Europ, il y a un autre parti néerlandais, le parti Démocrates 66 (D66), dont une eurodéputée, Sophia in ‘t VELD est première vice-présidente et favorable aux corona bonds demandés par au moins des 9 Etats (France, Italie, Espagne, Grèce, Irlande, Belgique, Luxembourg, Slovénie et Portugal). Le parti libéral belge de Guy Verhofstadt et le parti Démocrates 66 (D66) sont vent debout contre le discours du premier ministre Mark Rutte (VVD – Parti populaire pour la liberté et la démocratie) et du ministre des finances Wopke Hoekstra (CDA – Appel chrétien-démocrate).

4. les socialistes du Comité européen des régions

Au sein du Comité européen des régions, l’institution met en place une plateforme entre collectivités territoriales pour collecter des initiatives (comme par exemple la plateforme d’Occitanie pour les circuits courts) et une bourse d’échange pour que des demandes d’aides puissent rencontrer des offres d’aide (cartographie des disponibilités sanitaires).

Plateforme d’échange sur le coronavirus pour collectivités territoriales

Lettre d’information hebdomadaire du groupe PSE au Comité des Régions sur le Coronavirus

24 membre français dont :

– Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne,
– Isabelle Boudineau, vice-présidente de la Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Europe et de l’International
– Karine Gloanec Maurin, vice-présidente déléguée aux relations internationales du Centre Val de Loire
– Christophe Rouillon, maire de Coulaines, conseiller départemental de la Sarthe, 2ème vice-président de Le Mans Métropole, vice-président de l’Association des Maires de France (AMF) et président du groupe socialiste. Il est très engagé sur les thématiques de l’Eurozone. Il a rédigé un courrier conjoint avec Iratxe García Pérez, présidente du groupe socialiste et démocrates au parlement européen sur les euro bonds.

Parmi nos membres suppléants, Christophe Clergeau, secrétaire national PS à l’Europe, conseiller régional des Pays-de-la-Loire, a l’ambition de porter les couleurs du PS au sein des instances du PSE. Il a sans doute un discours plus adapté à la nouvelle taille perçue et rassemble les réseaux du PS qui travaillent sur l’Europe.

Représentation de l’Occitanie

– André Viola, président du conseil départemental de l’Aude et président groupe de Gauche de l’Assemblée des départements de France. Il est très investi sur les politiques sociales et les politiques méditerranéennes. Il avait accueilli en septembre 2019 une délégation Interreg SUDOE.

Guillaume Cros était membre mais est parti chez les Verts en janvier 2020. Guillaume Cros avait fait un gros boulot sur la politique agricole commune et même s’il a des positions radicales sur le commerce extérieur c’est un bosseur. Les Verts ont créé un groupe de 10 élus de peu d’influence.

Tous ces élus élus sont accessibles. Ce ne sont pas des élus barons comme on a pu en avoir dans le passé.

5. vie interne des socialistes européens

Le PSE a bien fonctionné la semaine dernière car les réseaux thématiques se sont réunis par teams. Il y a eu une réunion du réseau économique et financier qui a été abordé la question des corona bonds, une réunion des leaders et une réunion des ministres socialistes de la politique de cohésion. Le PSE fonctionne. Néanmoins, au niveau des instances, c’est nébuleux. Il devait y avoir normalement congrès à l’automne mais est-ce que c’est toujours dans l’esprit de tous, rien n’est moins sur. Stanichev ne fait pas l’unanimité mais personne ne fait un pas en avant pour reprendre le flambeau. Le secrétaire général du PSE, Achim Post est un cumulard de mandats (vice-président du groupe SPD au Bundestag et en même temps vice-président du groupe SPD de Rhénanie-du-Nord-Westphalie – Land capital dans la vie politique allemande). On ne sait jamais s’il incarne la parole du secrétaire général du PSE ou celle des dirigeants du SPD. Il y a une confusion des genres. Mais la question de l’agenda du PS est une question à poser à Christophe Clergeau.

Matthieu Hornung nous explique qu’au niveau bruxellois, une structure permet un échange entre les différents partis frères. Cette structure se dénomme I vote Where I live et rassemble les résidents non belges engagés dans des listes municipales. Il y a également Aleksander Glogowski qui est secrétaire fédéral Europe de la fédération de Paris qui assure une animation des réseaux des activistes.

6. intervenants francophones pressentis

– Yonnec Polet, vice-Président de la STIB (Société des transports intercommunaux de Bruxelles), chef du groupe socialiste au conseil communal de Berchem-Sainte-Agathe et secrétaire général adjoint du Parti Socialiste Européen,
– Paul Magnette, bourgmestre de Charlerois, président du PS,
– Elio di Rupo, ministre-président du gouvernement wallon, membre du Comité européen des régions (CdR),
– Tom Jungen, bourgmestre de Roeser (Lux) – membre du Comité européen des régions, secrétaire général du LSAP (Parti Ouvrier Socialiste Luxembourgeois),
– Joan Calabuig Rull, eurodéputé (S&D – PSOE), premier adjoint de Valence, membre du PSPV-PSOE (Partit Socialista del País Valencià-PSOE),
– Gaby Bischoff, eurodéputée (S&D – SPD), Vice-présidente de la commission des affaires constitutionnelles.

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