SOCIALISTES & EUROPÉENS

Pierre Moscovici : « L’Europe est au rendez-vous de l’Occitanie »

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Dans le cadre d’un tour de France des régions, Pierre Moscovici, à l’invitation de la Présidente de la région Occitanie Carole Delga, effectue un déplacement à Toulouse aujourd’hui. L’enjeu de cette visite est de montrer comment l’Europe est engagée, aux côtés de la Région, en faveur de la transition énergétique, du développement économique, de l’innovation et de la solidarité en Occitanie, à travers des projets concrets.Alors que l’Europe revient au cœur du débat public, Pierre Moscovici et Carole Delga répondront aux questions des citoyens sur l’avenir du projet européen et de la Région, dans le cadre d’un débat organisé en public et diffusé en direct sur les réseaux sociaux.

Vous avez engagé un tour de France des régions et vous faites escale durant deux jours en Occitanie. Pour faire passer quel message ?

Je connais les formidables atouts mais aussi les difficultés de cette grande région. Je sais qu’elle a été sensible aux sirènes du Front national et que l’Europe a pu servir de bouc émissaire. Je viens en Occitanie pour entendre les craintes et y répondre. Je ne viens pas dire : «l’Europe, c’est bien». Je viens donner des preuves d’Europe aux Occitans, je veux leur montrer que l’Europe leur est utile. Je voudrais citer deux chiffres : avec 3 milliards d’euros sur la période 2014-2020, l’Occcitanie est la deuxième région en France qui reçoit le plus de fonds structurels européens. Cela représente 500 euros par habitant. Le plan Junker a permis, depuis son lancement, de déclencher plus de 2,5 milliards d’euros d’investissements sur le territoire d’Occitanie à destination des petites et moyennes entreprises. À Toulouse, une grande ville de l’innovation et de l’industrie du futur, je vais visiter le CEA Tech, l’IOT Valley, autant de projets soutenus par les fonds structurels européens. Le lendemain, à Montpellier, je vais aller à la rencontre d’acteurs du secteur social et de la formation soutenus par l’Europe, à l’éco de la deuxième chance de Montpellier et au pôle d’entrepreneuriat en économie sociale et solidaire Réalis. L’Europe est au rendez-vous de l’Occitanie.

Dans le cadre de la recomposition politique à l’œuvre en France, où vous situez-vous ? Toujours au Parti socialiste ou plus proche du réformisme social-libéral qu’incarne Emmanuel Macron?

Je suis un social-démocrate, membre du Parti socialiste et partisan d’un social-réformisme européen. En Europe, et en France, le socialisme est mal en point et il ne pourra se régénérer qu’à une seule condition : qu’il sache justement marier l’Europe et la gauche. Ne laissons pas l’Europe au centre et à la droite, et la gauche aux nationalistes. Il faut arriver à retrouver l’essence de ce grand courant qui est d’être le champion de l’Europe, de la réforme, de la lutte contre les inégalités. Voilà la social-démocratie dans laquelle je me reconnais. Ce que je souhaite, c’est qu’elle reprenne des couleurs en France en comprenant qu’elle le fera en épousant l’Europe et pas en lui tournant le dos. Je travaille très bien avec le président Emmanuel Macron qui tient sur l’Europe un discours ambitieux que les socialistes auraient tort de rejeter.

Dans votre livre, vous faites l’inventaire du quinquennat de François Hollande. Quels enseignements en tirez-vous au moment où le PS va se choisir un nouveau chef ?

Le premier enseignement, c’est la nécessité d’un récit clair. Dire ce qu’on va faire, faire ensuite ce qu’on a dit. C’est sans doute ce qui a manqué à ce quinquennat qui n’a pas été sans réussites, loin de là, mais dont les Français n’ont pas compris la cohérence. Deuxième leçon : Il faut une gouvernance efficace. Chacun doit être à sa place : un président qui préside, un gouvernement qui gouverne et un parti majoritaire uni. Pendant le quinquennat, le Parti socialiste a été scandaleusement divisé. Les socialistes devraient comprendre que l’unité est toujours un talisman pour le futur. Enfin, troisième enseignement, je pense qu’il faut être européen sans timidité et de gauche totalement.

Sur votre blog, vous avez dessiné le portrait chinois de l’homme qui devrait diriger le parti socialiste dans les années qui viennent. Il ressemble à Olivier Faure ?

Je ne me mêle pas du congrès du Parti socialiste. Ce n’est pas mon rôle. Je suis un homme politique engagé mais je ne suis pas dans l’arène partisane. À travers ce portrait chinois, j’ai voulu dire qu’on avait sans doute besoin d’une nouvelle génération, d’un travail d’équipe avec des femmes et des hommes de talent, dont Carole Delga fait assurément partie. Chacun peut reconnaître qui il veut dans ce portrait chinois. Je me suis contenté de dire qu’Olivier Faure me paraissait avoir le profil le plus ouvert. C’est toujours mon sentiment.

Quels sont les « monstres » qui guettent l’Europe dont vous parlez dans votre essai ? Et comment les combattre ?

Ce sont ceux d’une période qui, si l’on n’y prend garde, pourrait finir par ressembler un jour aux années 30. C’est d’abord celui du nationalisme, lié au populisme, souvent d’extrême droite. C’est tout ce que cela véhicule en termes de racisme, de fanatisme, d’antisémitisme, d’intolérance. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase un peu plus optimiste. L’Europe est sortie de la crise. La croissance est forte. Pourtant, si le populisme a perdu des batailles, il n’a pas perdu la guerre. Quand j’entends les propos de Laurent Wauquiez, je m’indigne de leur niveau lamentable et de la violence verbale qu’il utilise et je m’inquiète que cette stratégie rencontre un écho, porté par une forme d’exaspération. Comment combattre tout cela ? En approfondissant la construction européenne, en l’infléchissant dans un sens humain et social. Nous avons besoin d’une social-démocratie européenne qui soit capable de repenser son logiciel. L’accident industriel de 2017 n’est pas arrivé par hasard, mais au terme d’une longue période au cours de laquelle le logiciel intellectuel du PS s’est usé. Il faut tout réinventer, y compris le changement de nom qui ne doit pas être un tabou. Le portrait chinois au fond c’est celui d’une équipe d’inventeurs qui doit porter la gauche de demain, une gauche moderne et européenne.

Les élections européennes de 2019 approchent. Serez-vous candidat ?

Le temps des candidatures n’est pas venu. Je suis surpris qu’on évoque autant cette question un an et demi avant l’échéance. Cela me paraît toujours imprudent. Ce que je dis, c’est que je participerai à ce débat européen. Comme vice-président du Parlement européen, membre du conseil des ministres de l’Union européenne pendant sept ans, et puis commissaire, j’ai une certaine expérience. Je veux être utile au débat, à mes amis politiques. Si un engagement de ma part est utile, je n’hésiterai pas. S’il est considéré comme superflu, je n’aurais pas de regrets. Je suis attentif, disponible mais pas pressé.

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