SOCIALISTES & EUROPÉENS

Qui a le pouvoir en Europe ?

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À l’occasion des cahiers de la présidentielle, le City Groupe Haute-Garonne PSE a organisé une rencontre européenne dont le but était d’échanger sur différentes questions européennes. Au cours de cet échange différents intervenants ont pu s’exprimer autour de deux tables rondes ayant pour thème, qui détient le pouvoir en Europe et quel projet a la gauche européenne.

Table ronde 1 : Qui a le pouvoir en Europe ? Quelle est l’influence du président de la république sur l’Europe ?

Michel-Joseph Durand, président du mouvement européen

Au sein de l’Europe, les pouvoirs sont relativement faibles et à développer, on retrouve cependant des contre-pouvoirs. En Europe, les pouvoirs apparents sont la commission qui détient le pouvoir exécutif (pouvoir de proposition) et ses fonctionnaires qui ont un pouvoir réel laissait par les politiques néanmoins avec le sens de l’intérêt général. On retrouve le conseil européen qui est censé être le vrai centre de pouvoir mais qui se révèle avoir une fonction molle, les crises politiques majeures se réglant en dehors du conseil. Le parlement, qui est le gage démocratique de l’Europe, qui s’avère avoir moins de pouvoir que la commission et le conseil européen. D’autre part, la Banque Centre Européenne est la seule a avoir acquis un vrai pouvoir et guidant la politique monétaire. Enfin, les lobbies sont utiles aux décisions cependant il faut être capable de gérer leur influence. En conséquence, les réels contre-pouvoirs en Europe sont dans la faiblesse des dirigeants dans leur manque d’efficacité et leur inaction. C’est cet esprit qu’il va falloir modifier si nous en sommes capables.

Daniel Poulenard, Consultant Réseau Parcourir et secrétaire de Faisons l’Europe

Au lendemain du Brexit, la réponse qui s’impose est les opinions publiques. Au cours de ses 20 dernières années, les opinions publiques se sont construis autour de deux composantes. D’une part, les domaines impactés par la politique dite de cohésion (financement européen) constituent la partie visible de l’Europe autour duquel se construit l’opinion publique. D’autre part, cette construction est liée au contexte historique, géopolitique et socio-économique des États membres lors de leur adhésion avec les pays « nouveaux entrants » où le sentiment national a une forte place, les pays dit du « Sud » ayant une forte volonté d’adhésion et les pays dit du « Centre » qui sont les fondateurs de l’Europe.

Aujourd’hui deux courants traversent les opinions publiques. Tout d’abord, la fracture Nord-Sud dû à l’impact de la crise plus subit dans le Sud mais avec cet enthousiasme européen qui est expliqué par le progrès social que pourrait apporter l’Europe. Puis, la fracture Est-Ouest car l’Europe est financière et n’a pas de vrai politique. L’appauvrissement des pays de l’Est et l’incompréhension des pays de l’Ouest européen des différents histoires vécus des pays ont contribué a suscité un doute sur la construction européenne n’ayant pas de réel projet et ne maîtrisant pas l’espace européen.

Au-delà des discours sur Europe des « peuples », des Nations indépendantes ou fédérées, il sera nécessaire de construire (ou reconstruire) une histoire, un discours qui soit audible par tous et qui place le devenir des européens au-dessus du devenir de ses institutions ; il y a urgence !

Jacques Vonthron, Team Europe & Maison de l’Europe de Toulouse Midi-Pyrénées

Le constat en Europe est que la puissance diplomatique française est réelle mais sa pratique est trop faible. En effet, nous sommes face à un déclin de l’influence française lié à quatre facteurs. Le premier est l’élargissement de l’Europe à l’Est a contribué à éloigner la France du cœur de l’Europe. Le deuxième est à la fois la difficulté de la France à moderniser son économie et le non respect de ses engagements budgétaires a diminué sa crédibilité sur la scène européenne. Le troisième facteur est la faiblesse de la présence de la France au parlement européen alors que celui-ci a vu ses pouvoirs s’accroître avec les traités successifs. Enfin, la France n’a pas su concrètement esquisser un projet européen.
Ainsi, la France a besoin d’une stratégie d’influence et non de puissance comme aujourd’hui. Il faut qu’elle joue plus collectif en s’inscrivant réellement dans le fonctionnement européen et en établissant un réel projet européen.

Claude Martos, Membre du Réseau des villes citoyennes d’Europe

L’Europe est nécessaire car elle a permis depuis sa création à bénéficier d’avantages forts comme la suppression du contrôle aux frontières, le marché unique et la dignité humaine. Cependant, elle a des faiblesses notamment le respect des droits de l’Homme qui est malmené en Europe et le recul de l’espace de Schengen.

Le pouvoir en Europe est théoriquement équilibré entre quatre piliers fondamentaux qui sont le parlement européen, le conseil européen, le conseil de l’Union et la commission européenne. Cependant, les choses ne se passent pas aussi simplement. Le parlement, tiraillé entre le conseil de l’Union et la Commission, doit batailler en plus avec ses députés europhobes. Le Conseil européen est devenu un lieu où la bataille médiatique s’impose pour satisfaire son propre auditoire, faisant fi de l’unité qu’il faudrait afficher. En réalité le pouvoir est détenu par les différents lobbies, industriels,…qui savent utiliser des armes efficaces pour parvenir à leurs fins.

L’Europe fait face à un désamour croissant de la part de ses concitoyens. L’Europe est panne, il manque un vrai projet qui ferait rêver, mais on ne voit malheureusement émerger aucune personnalité capable d’endosser ce rôle. Il faut réagir très vite, ou d’autres sauront le faire autrement et à notre place.

Cordula Barzantny, professeure de gestion

En Europe, il y a beaucoup de désillusion, les pays enthousiastes pour leur adhésion n’ont pas été aidés lors des crises économiques. Les politiques sont en pannes car ils ne communiquent pas assez. Dès lors, il est compréhensible que certains États membres ne voient plus les avantages à être au sein de l’Europe. Le problème est le manque de popularité des politiciens européens au-delà de leur frontière nationale et l’absence de volonté d’utiliser les médias pour permettre une meilleure connaissance des acquis européens. On ne fait pas bouger les masses avec des grandes idées mais avec des politiques concrètes. C’est ce qui manque aujourd’hui en Europe.

La solution face à ce problème est de mieux resserrer les liens avec l’Europe en établissant un réel projet politique européen. Il faut conserver et rendre visible les acquis européens continus et ressusciter l’Europe sociale.

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