SOCIALISTES & EUROPÉENS

City Group Toulouse : le congrès du PSE à Budapest (12, 13 & 14 juin 2015)

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© Photo : Miguel Vinuesa

ACTUALITÉ DU CONGRÈS

Élection du président du PSE : une occasion manquée

Préparée tardivement, la candidature alternative d’Enrique Barón (ancien président du Parlement européen de 1989 à 1992 et président du groupe parlementaire socialiste de 1999 à 2004) n’a pu rassembler suffisamment. Elle portait en elle la volonté de renforcer la dimension citoyenne du PSE et de pondérer les intérêts nationaux. Les Français, les Belges et les Espagnols ont du retirer cette candidature et voir le triomphe de Sergei Stanishev, candidature de continuité portée par les Allemands, Nordiques, Britanniques et les pays d’Europe Centrale et orientale.

L’élection et le débat contradictoire sont les signes d’une démocratie respectée. L’unanimisme qui préside au sein du PSE comme trop souvent au sein des instances européennes n’est pas propice à l’animation d’un échange démocratique. Cet unanimisme est le fruit de compromis inter-gouvernementaux qui font peu de place à l’intérêt communautaire européen. Le PSE doit progresser dans le travail de construction d’une vie démocratique qui associe les partis, les adhérents et la société.

Décisions du congrès

Le Congrès a adopté à l’unanimité trois résolutions intitulées « Unis pour l’emploi, la démocratie et la paix. » Les idées concrètes proposées pour réduire le chômage passent par la Garantie Jeunesse, l’amélioration des conditions de travail et l’accroissement de l’investissement. En tête des priorités, la création d’emplois verts pour assurer la transition énergétique. En matière démocratique, ont été mis en évidence les questions de la citoyenneté et de la participation démocratique au travers de l’établissement d’un Tableau de bord de l’Union européenne pour la Démocratie dont le but est de promouvoir une société favorisant l’intégration et luttant contre le nationalisme. Cette priorité est d’une actualité particulière en Hongrie compte-tenu de la campagne agressive contre les migrants orchestrée par le gouvernement du Fidesz (parti de droite présidé par Viktor Orbán). Enfin, la résolution  » Uni pour la Paix » condamne l’extrémisme et soutient l’établissement d’un ordre du jour progressif fort en faveur de la paix. Elle défend des réponses progressives aux défis communs concernant la migration en Méditerranée, la violence et l’instabilité dans la région du Sahel et le maintien d’un équilibre entre liberté et sécurité.

Ces orientations générales mériteraient un approfondissement politique. Sans rentrer dans le détail, les perspectives d’évolutions des politiques européennes devraient être poussées un peu plus loin et faire l’objet d’un travail militant associant les militants des Citi-Groups et plus largement les partis politiques et le groupe parlementaire (Alliance progressiste des socialistes et démocrates) dans leur ensemble à un travail de production d’un programme plus concret qui serait une mise à jour du Manifesto-Programme et une préparation des prochaines échéances européennes.

Comme à son habitude, le PSE a pris acte des nouvelles adhésions ou du changement de statut des partis et structures associées. Le Parti démocratique des peuples (HDP) de Turquie -parti social-démocrate et laïc ayant mis en minorité Erdogan- est devenu membre observateur et le Parti démocrate italien est membre à part entière depuis ce congrès.

Élection d’une nouvelle équipe

‬Le président Sergei Stanishev a dit : « Avec cette équipe, nous allons ramener les socialistes au pouvoir en Europe. Je combats avec eux pour créer des emplois, pour développer l’économie européenne en faveur de ses citoyens et non seulement en faveur des marchés. »

Le Congrès a réélu l’équipe sortante avec quelques changements comme l’élection de Carin Jämtin, la secrétaire générale du Parti social-démocrate de Suède comme vice-présidente. Jean-Christophe Cambadélis demeure Premier vice-président. Il sera chargé de travaux visant à ouvrir le PSE à la société et aux mouvements de citoyens.

Président : Sergei Stanishev (Parti socialiste bulgare),
Vice-président : Jean-Christophe Cambadélis (Parti socialiste français),
Vice-président : Carin Jämtin (Parti social-démocrate suédois),
Vice-président : Katarina Nevedalova (Parti social-démocrate slovaque),
Vice-président : Jan Royall (Parti travailliste britannique),
Trésorier : Ruairi Quinn (Parti travailliste irlandais),
Secrétaire général : Achim Post (Parti social-démocrate allemand),
Secrétaire général adjoint : Giacomo Filibeck (Parti démocrate italien),
Secrétaire général adjoint : Marije Laffeber (Parti travailliste néerlandais,
Secrétaire général adjoint : Yonnec Polet (Parti socialiste belge).

Philip Cordery représente le PS à la Présidence.

ACTUALITÉ DES SOCIAUX-DÉMOCRATES EUROPÉENS

Concurrence à gauche avec la critique des institutions

Grèce, Espagne et Portugal connaissent une contestation des partis traditionnels. Là où le bipartisme triomphait, l’éclatement de la vie politique a menacé la suprématie des partis socialistes au sein de la gauche. La défiance envers les partis ayant exercé le pouvoir est à son comble dans les territoires les plus touchés par la crise. En Grèce, le PASOK se reconstruit autour d’une alliance d’anciens partis du centre-gauche. Au Portugal et en Espagne, le PS a besoin du soutien de la gauche radicale pour l’emporter. Son score sera observé dans toute l’Europe. La contagion des expériences du type Podemos ou Syriza sera ou non renforcée en fonction de ses résultats dans les élections générales au Portugal (octobre 2015) et en Espagne (novembre 2015).

Le congrès du PSE a fêté le trentième anniversaire de l’entrée de l’Espagne et du Portugal dans la communauté européenne en présence de Pedro Sánchez et d’António Costa, les secrétaires généraux des partis socialistes espagnol et portugais.

Danger du nationalisme en Europe

A Budapest, il a beaucoup été question de la montée du nationalisme et de l’anti-européisme. Au sein des pays d’Europe centrale, les bienfaits de l’adhésion – croissance économique et affirmation de nouveaux droits – se sont estompés. Les partis sociaux-démocrates réaffirment leur attachement aux valeurs portées par l’Union européenne mais doivent faire face à la violence de mouvements radicaux comme en Hongrie où la droite est hostile au pluralisme, les gouvernements xénophobes comme en Hongrie où le président propose le rétablissement de la peine de mort contraire aux droits fondamentaux européens.

La crise économique fragilise le rôle protecteur de l’Etat-providence et menace la cohésion sociale. Une position de défense du compromis social-démocrate est nécessaire mais pas suffisante. Par contre, l’intransigeance vis-à-vis du nationalisme et de la xénophobie est une ardente obligation. Elle doit redoubler dans des périodes aussi troublées où la droite organise parfois la confusion.

Pourtant, en Autriche, dans le Burgenland, un Land autrichien à la frontière avec la Hongrie, une coalition entre les sociaux-démocrates du SPÖ et l’extrême droite FPÖ, ancien parti de Jorg Haider a fait réagir le Premier secrétaire du Parti socialiste français qui a protesté auprès du chancelier autrichien, également Président du SPÖ.

La question de l’extrême-droite est une menace directe pour les populations qui en sont les cibles. C’est également un éloignement des valeurs de l’intégration européenne.

Difficile construction d’un parti supranational

Au sein du Parti socialiste européen, les partis se font les porte-paroles de leurs intérêts nationaux. Le PSE lui-même est constitué des partis des États membres. La création des activistes par Poul Nyrup Rasmussen (président du PSE de 2004 à 2011) a été une tentative de donner du poids aux adhérents et de faire vivre une citoyenneté au sein du parti. Cependant, la Présidence est le lieu de confrontations des diplomaties et les affaires du parti sont réglés par les représentants les plus influents des partis socialistes au pouvoir. Le poids du Parti social-démocrate allemand est important. Outre Martin Shulz, président du Parlement européen et ancien candidat du PSE à la commission, Achim Post est secrétaire général. Leur action au sein du PSE est également présidée par leur démarche nationale.

La dernière stratégie du SPD serait de renverser l’alliance qu’ils ont eu avec la CDU pour aller vers Die Linke. C’est l’aveu d’échec d’une stratégie fondée sur l’idée de cumuler les avantages auprès des Allemands de la stabilité gouvernementale et d’une action sociale marquée par l’avancée du salaire minimum. En réalité, les enquêtes d’opinion montrent que la politique gouvernementale ne profite qu’à la CDU. Le renversement d’alliance est menacé par le changement d’équipe suite au dernier congrès de Die Linke. Le SPD est en pleine expectative. Tout comme la sociale-démocratie suédoise qui interroge sa ligne politique. Dernier paramètre, l’influence de Martin Shulz qui subordonne sa stratégie à la préservation de sa présidence au Parlement européen. Sa force de conviction est grande et il incarne le PSE pour bon nombre de militants. Membre du SPD, son poids politique est renforcé par son statut de président du Parlement. Il a besoin du soutien de l’Allemagne et de nombreux États membres pour préserver son siège. Ces différents paramètres viennent en concurrence avec le fonctionnement démocratique du parti.

ACTUALITÉ DES CITY GROUPS

Changements au sein du PS : les forums et les sections thématiques

Le Premier secrétaire du Parti socialiste a assisté comme à son habitude au 10e congrès du Parti socialiste européen. Il a été reconduit comme Premier vice-président du PSE. Dans son discours à la tribune du Congrès, il a plaidé pour un PSE « ouvert et curieux » qui incarne moins l’institution et plus la société.

Dans la foulée du congrès de Poitiers, il a évoqué l’actualité d’un forum thématique consacré à l’Europe. Il a également rappelé la possibilité de créer des sections thématiques et non plus seulement territoriales. Cette nouvelle disposition statutaire doit connaître un développement dans le cadre d’une nouvelle offre d’animation et d’accueil des militants.

Philip Cordery est pressenti pour devenir secrétaire national à l’Europe. Il confirme l’idée de sections thématiques et propose de faire le tour des fédérations pour les convaincre. Philip Cordery a souhaité que le secteur Formation du PS adapte des modules sur les questions européennes pour soutenir le secteur Europe.

Représentation des City Groups au Conseil national

Lors du congrès du PSE de Budapest, une trentaine de français y représentent le Parti socialiste. Une réunion entre la direction nationale et les représentants des City Groups a donné lieu à quelques échanges : demande de moyens pour faire vivre le réseau national, représentation des City Croups au sein des instances. Le Premier secrétaire a donné suite à cette dernière demande en proposant que les City Croups élisent un représentant qui sera invité au Conseil national et aura la parole autant que de besoin. Dans le cadre de sa vice-présidence, Jean-Christophe Camélidés est chargé de travaux visant à ouvrir le PSE à la société et aux mouvements de citoyens. Il est donc favorable au développement et à l’animation des City Croups.

Impact sur le fonctionnement des fédérations

Les commissions Europe ou les City Croups qui existent dans les fédérations sont donc appelés à jouer un nouveau rôle. Les responsables de ces groupes aussi. Les secrétaires ou les délégués fédéraux qui faisaient appel à la bonne volonté des militants et des sections, qui apportaient de l’animation ou encourageaient les initiatives vont maintenant voir leur cadre changer.

Avant : Premier fédéral > secrétaire fédéral Europe > Commission Europe ou City Croup

Après : City-Group > Secrétaire du City Group = même statut qu’un secrétaire de section.

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