SOCIALISTES & EUROPÉENS

Démocratie menacée en Hongrie: l’Union européenne doit réagir !

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Manifestation contre la constitution Orbàn à Budapest
samedi 10 mars 2013 Photo Aleksander Glogowski

Faisant fi des réserves internationales et des mises en garde européennes, le Parlement hongrois a adopté une nouvelle modification de la Constitution, franchissant un pas de plus vers la réduction des libertés démocratiques. En limitant encore davantage les contre pouvoirs, notamment judiciaires, cette 4ème modification constitutionnelle menace directement le fonctionnement démocratique des institutions hongroises.

A travers la nouvelle constitution aux accents très nationalistes entrée en vigueur le 1er janvier dernier,  il n’est pas fait pas mystère des desseins de Viktor Orbàn: la mise en place d’un régime autoritaire voué à créer les conditions d’une main mise durable de son parti conservateur, le Fidesz, sur l’ensemble de l’appareil d’Etat.

Une volonté qui s’affirme réforme après réforme: Banque centrale, médias, justice, loi électorale, loi sur « la stabilité financière ». Les textes se multiplient mais visent un objectif unique: lier les mains d’un futur gouvernement, y compris en matière budgétaire. En effet, beaucoup de ces lois à « valeur constitutionnelle » ne pourront être modifiées que par une majorité des deux tiers du Parlement, détenue aujourd’hui par le Fidesz au pouvoir, mais difficile à atteindre pour l’opposition, davantage morcelée et directement visée par la réforme de la loi électorale.

Au-delà, ces réformes sont à mettre en perspective avec l’installation aux postes de responsabilité de proches de Viktor Orbàn, la promotion de personnalités d’extrême droite dans le secteur culturel ou encore une mise au pas des médias publics avec des licenciements massifs de journalistes indociles. La pression mise sur l’opposition, parfois leurs familles, est elle aussi palpable.

Dans le même temps, le contexte économique et social est explosif: la crise frappe de plein fouet le pays et impacte durement les populations modestes comme en témoigne  la «marche de la faim» initiée par les syndicats et soutenue par le MSZP, parti socialiste, membre du PSE. La politique économique conduite par les  conservateurs a fait plonger le forint de plus de 20% par rapport à l’euro au cours des trois derniers mois. Sans compter la situation budgétaire critique du pays: sauvé de la banqueroute en 2008-2009, par un prêt de 20 milliards d’euros du FMI, de l’UE et de la Banque mondiale, la Hongrie est à nouveau sous pression des marchés et nécessite 15 à 20 milliards d’euros supplémentaires. Mais la réforme controversée de la Banque centrale génèrent un blocage des négociations.

Ainsi Viktor Orbàn est entrain d’isoler la Hongrie, d’hypothéquer ses chances de sortir de la zone de turbulence économique et de renforcer le populisme, notamment d’extrême droite, qui se nourrit de la crise et d’un rejet de l’Europe. Il tente désormais d’imposer d’une main de fer l’autorité omnipotente de son parti dans les institutions. Il ne faut pas laisser passer cela !

Ce week-end nous étions 200 militants socialistes du PSE venus de toute l’Europe apporter notre soutien aux démocrates hongrois qui massivement, manifestent contre la mise sous contrôle de leur démocratie. Ces derniers jours, le Conseil de l’Europe et la Commission ont fait part de leur inquiétude. Les parlementaires européens, aujourd’hui, font entendre dans l’hémicycle leur refus de voir l’Etat de droit bafoué en Hongrie.

Il faut aller plus loin. C’est maintenant qu’il faut réaffirmer avec force les règles et les valeurs de l’Europe politique, assise sur des règles communes et des valeurs partagées au premier rang desquelles figurent la liberté et la démocratie.

L’ Union européenne doit réagir !

 

Anne TOUSCHE

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  • Effectivement... l'Union européenne doit réagir ! Le président de la commission européenne avait demandé au sinsitre Orban de surseoir à cette réforme constitutionnelle. Comme il a passé outre, seule une menace d'exclusion de l'Union européenne assortie d'une rupture des relations commerciales avec la Hongrie pourrait empêcher que s'installe au sein de notre Europe un régime fasciste qui étrangle la démocratie.
    par Pascal Boureau le 16/03/2013

  • En tant que citoyenne de 70 ans, je suis ulcérée par le manque de réaction rapide et efficace provenant de nos élus du Parlement européen (réellement démocrates) vis à vis de la situation hongroise de ce mois de mars 2013. Après diverses recherches sur Internet sans succès, vous êtes Madame Anne Tousche, la seule démocrate qui s'est manifestée et nous tenez informé de l'horreur des réformes anti-démocratiques que Viktor Orban extorque à son Parlement. Comment cela est-il possible et que fait le Parlement Européen face à cette situation avec ses nombreux experts et juristes? C'est une honte pour nous tous qui votons pour le parlement européen et pour tous ceux qui ont donnés leur vie pour la démocratie durant le deuxième guerre mondiale face au fascisme et au racisme. Est-ce qu'il existe au moins une pétition demandant aux parlementaires européens des comptes vis à vis de cette situation et d'agir pour la stricte application de lois démocratiques dans les tous nouveaux pays adhérents qui ont connu des régimes totalitaires et sont toujours tenter par les errements des temps passés?
    par Aubert Michelle le 13/03/2013

  • C’est maintenant qu’il faut réaffirmer avec force les règles et les valeurs de l’Europe politique, assise sur des règles communes et des valeurs partagées au premier rang desquelles figurent la liberté et la démocratie.
    par liberté le 13/03/2013

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