SOCIALISTES & EUROPÉENS

1ère réunion de la commission Europe/International sous le signe de l’amitié Franco-allemande

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Grande affluence pour la 1ère réunion de la commission Europe-International depuis le congrès de Toulouse qui s’est tenue le mardi 5 février à la fédération du Parti socialiste de Haute-Garonne.
Près de 25 camarades représentant 20 sections différentes ont répondu présents.
En comptant ceux qui s’étaient excusés, notre city-groupe comprend environ une trentaine de camarades pour faire vivre les questions européennes en Haute-Garonne.
Ce fut l’occasion de faire connaissance, de définir nos objectifs et de présenter notre programme de l’année.
Dans le cadre d’un moment de réflexion thématique sur le 50ème anniversaire du traité de l’Elysée, Alfred PREDHUMEAU nous a exposé sa vision des relations franco-allemandes aujourd’hui. Les grandes lignes de son intervention, ici :

 

Traité de l’Élysée
50 ans d‘amitié Franco-Allemande – et maintenant ?

Bref rappel historique :
Les premiers projets devant répondre à la question «Que faire de l’Allemagne ?» après la victoire et la libération apparurent dès 1943 (Jean Monnet, Claude Bourdet) et furent concrétisés après le début de la guerre froide 1947 (traité relatif à la CECA – début des années 50).
L’échec de la CED, le traité de Paris (Pierre Mendès-France) et le traité de Rome (Guy Mollet) sont les jalons qui accentuent la normalisation des relations franco-allemandes dans un contexte de guerre froide et de décolonisation. Si cette normalisation correspond aux besoins stratégiques des deux pays de se renforcer dans une intégration européenne accélérée, le traité de l’Élysée marque une pause sans avancée européenne décisive. Ses seuls acquis sont les consultations intergouvernementales régulières, la création de l’OFAJ et l’extension des jumelages.

La crise énergétique à partir de 1973 et les crises financières et monétaires à partir des années 80 contraignirent les dirigeants des deux pays (Schmidt et Giscard ainsi que Mitterrand et Kohl) à chercher des réponses de plus en plus européennes aux nouveaux challenges internationaux. La chute du mur de Berlin (1989), l’unification allemande et l’effondrement du système soviétique allaient mettre fin définitivement aux certitudes géostratégiques des décennies d’après-guerre.

L’attaque contre les twin-towers de New-York, les crises financières et monétaires à répétition, les challenges de la mondialisation du début de ce millénaire renforcent le besoin d’action européenne coordonnée, recherchée paradoxalement sur fond de renaissance d’égoïsmes nationaux voire régionaux.

Le moteur franco-allemand:
C’est une machine hybride aux rouages bien en place, mais connaissant de sérieux ratés lorsque les intérêts réciproques ne semblent que difficilement compatibles.
Il est néanmoins avéré que c’est le seul partenariat qui soit susceptible de faire avancer l’intégration européenne par son poids économique, financier, politique et démographique. Les alternatives recherchées par le passé (la variante britannique par les Allemands, ou la variante méditerranéenne prônée par N. Sarkozy) connurent des échecs cuisants.
D’autant plus, qu’en général, les compromis trouvés entre les gouvernants français et allemands, quelque fût leur couleur politique respective, purent être acceptés à la fois par les européens du sud et ceux du nord.

Les sujets qui fâchent :
Ils sont nombreux et la liste semble, ces dernières années, de se rallonger.
Quelques exemples : la thématique rigueur/relance, politique de l’offre ou de la demande, les pourcentages (3% et 60%), la politique de défense et de sécurité (l’Allemagne est incapable d’assumer ses responsabilités internationales), l’indépendance de la BCE, l’attitude face aux pays en crise comme par ex. la Grèce… Il est bien entendu impossible ici de proposer des démarches sur des sujets techniquement complexes et liés de façon intrinsèque aux cultures politiques des deux pays, mais nous garderons à l’esprit que le fait de mettre ces différences sur la table de négociations est le premier nécessaire vers l’esquisse d’une solution.

Les cultures :
C’est le sujet fondamental car seules la connaissance, la compréhension et finalement l’acceptation de ces différences culturelles permettront (peut-être) de surpasser les problèmes techniques pour retrouver des compromis facilitant la remise en route d’une dynamique européenne constructive.
Quelques concepts prototypiques allemands : fédéralisme, cours constitutionnelle, pratiques démocratiques parlementaires, locales ou régionales, culture sociale du dialogue et du compromis, nécessité de coalitions à géométries très variables, indépendance de la banque centrale, hantise de l’inflation…
Cet inventaire à la Prévert demanderait à être systématisé et surtout aurait besoin de relais politiques et médiatiques susceptibles d’expliquer pour comparer et rapprocher. Mais il est vrai que dans les deux pays on manque cruellement de médiateurs capables de remplir cette fonction par leur connaissance ne serait-ce que de la langue de l’autre. L’état de l’enseignement de l’Allemand dans notre région est, à ce titre, un indicateur qui est loin de pousser à l’optimisme.

Que faire ?
Même si la préparation du scrutin européen en 2014 va se prêter à une intensification et une précision de la discussion de notre stratégie européenne, et donc de la relation franco-allemande, l’essentiel de notre travail à notre niveau d’acteurs de la société civile pourrait être de contribuer à une meilleures compréhension des cultures réciproques. Cela peut se faire par la mise en réseau de participants et de militants de la région avec des partenaires allemands. Autour de projets thématiques concrets, comme par exemple l’organisation territoriale et les pratiques démocratiques, le changement énergétique ou les politiques éducatives et de recherche, voire du soutien accordé au PME, la mission serait d’identifier les meilleures pratiques pour tenter de les adapter et les faire fructifier dans un autre contexte.

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