SOCIALISTES & EUROPÉENS

Intervention de Sébastien Denard – Les 2010

0 commentaire Le par

Camarades,
Compahns de la Val d’Aran,

Nous fêterons demain les 60 ans de la déclaration de Robert Schuman, acte fondateur d’un espace européen en paix. Mais nous fêterons aussi 60 ans de débats politiques sur l’Europe que nous souhaitons bâtir. Le Parti Socialiste, profondément européen, s’est battu pour l’existence d’une Europe politique et sociale, prônant des idées de justice et de solidarité. Conscient que la construction de l’Europe n’est possible que par l’adhésion réelle des citoyens eux-mêmes.

Aujourd’hui, l’actualité européenne, et la crise que subi la Grèce, malgré le courage politique de nos camarades du Pasok, inquiète. J’ai pu le vérifier lors des derniers débats que nous avons eus au Bureau National, à la Fédération ou dans les sections. Cette crise inquiète car elle pose les questions de l’avenir d’un espace commun mais elle pose surtout la question d’un combat idéologique que nous n’avons pas encore gagné. Nous rentrons totalement dans ce que François Mitterrand avait dénoncé lors de son discours au Parlement européen en janvier 1995 : « Les marchés ne sont que des moyens, des mécanismes dominés, trop souvent, par la loi du plus fort ; des mécanismes qui peuvent engendrer l’injustice, l’exclusion, la dépendance si des contrepoids nécessaires n’y sont pas apportés par ceux qui peuvent s’appuyer sur la légitimité démocratique. » Il est grand temps que l’Europe se réveille. Il est grand temps que l’Homme prenne le pas sur les marchés. Il est grand temps que les partis socialistes, sociaux-démocrates et progressistes crées cette Europe Sociale et Politique que nous appelons tous de nos vœux.

C’est un réel plaisir de fêter l’Europe ici, dans ce territoire pyrénéen, ancien canton de la Haute-Garonne, enclave culturelle et à ce titre premier territoire européen. Moi qui viens de la vallée d’à côté, je me sens un peu chez moi tant nos relations étaient développées à d’autres époques. Dans ces relations, la frontière n’était qu’une notion. Seules les guerres et l’obscurantisme d’une dictature ont pu altérer nos échanges.

Et Robert Schuman a raison : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait. » Il parlait certes d’un grand marché mais depuis que l’Espagne a rejoint l’Union Européenne et que nous pouvons bénéficier de programmes transfrontaliers, nous nous efforçons de travailler ensemble sur la santé, l’éducation, la culture ou l’économie. Il est dommage que l’Etat abandonne ce sujet et laisse les collectivités seules. Nous sommes dans la même situation économique, deux territoires de montagne sans industries. Nous avons la même identité due au même handicap, la montagne. Pour reprendre les mots du plus grand chanteur occitan, Joan de Nadau : « si n’i a qui an ço qui an, qu’ém ço qui èm ». Nous avons besoin d’une politique visant l’égalité des territoires, basée sur la solidarité et la justice. L’Europe ne peut être à deux vitesses ni pour les citoyens, ni pour les territoires.

Paco, Arturo, à Toulouse, certains découvrent qu’il est difficile de travailler avec un pyrénéen. Il parait que c’est une question de caractère montagnard. Restons-nous même et fidèle à ces deux principes : « jamei pausar, combar tostemps. »

Soyez le premier à commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème, lire aussi :

Les haut-garonnais célèbrent l'Europe !   Le samedi 1er juin, les Tourreilles (près de Montréjeau) seront à l'heure Européenne, avec la Fête de l'Europe organisée par la Fédération
Le par

Les derniers contenus multimédias